16.04.2020

Freeski

Skier au milieu de l'atlantique

Xabi, 30 ans, infirmier, photographe, et skieur, nous raconte son séjour incroyable aux Iles Féroé.

 

Xabi, (à prononcer Chabi), 30 ans, infirmier, photographe, et skieur. Venu tout droit du Sud-Ouest avec son accent chantant, il vit à Capbreton dans les Landes, en France. « Le premier qui dit « influenceur » je le confine jusqu’en 2030 » car oui Xabi est un réel passionné, autodidacte de la photographie qui est constamment à la recherche du plus beau paysage.


Xabi photo


« Dans la « vraie » vie, j’exerce le métier de photographe mais aussi d’infirmier. Et plus spécifiquement d’infirmier en réanimation. Vous savez, ce service dont tout le monde parle depuis 2 mois (autant vous dire que le côté photographie n’est pas prédominant en ce moment).

En temps normal, avant les récents événements, mon planning est très condensé, ce qui me laisse beaucoup de temps de récupération, et donc beaucoup de temps libre, soit pour voyager, soit pour faire de la photo, ou les deux.

J’envoie une pensée, au passage, à tous les services réanimations et soignants de France, et spécifiquement tous les collègues de mon service à Bayonne. C’est aussi grâce à eux et à leur aide que je peux m’arranger pour voyager et skier autant, un grand merci.

Je ne peux donc que vous recommander de rester à la maison et de prendre soin de vous pour sortir au plus vite de cette situation.


Xabi photo


Mais passons aux choses sérieuses, le ski. J’ai toujours aimé skier à l’étranger, c’est une autre manière de découvrir un pays. Au Japon ? En Autriche ? Au Canada ? Non pas cette fois. On a voulu tenter quelque chose de plus original, aux Iles Féroé.

« Ah bon ? Mais il y a de la neige là-bas ? » Ça dépend, et même quand il y en a, c’est rarement suffisant pour skier. C’est exactement ce qui m’a attiré dans ce trip.


Xabi photo

J’ai découvert les Iles Féroé en octobre 2019. Ce trip n’aurait jamais dû avoir lieu car 3 jours auparavant je devais partir en Islande pour découvrir ce pays que je ne connais pas encore. Les prix sont montés en flèche, et nous avons décidé de changer de cap à la dernière minute. Après plusieurs recherches, nous sommes tombés sur ce petit bout de terre planqué au milieu de l’Atlantique entre l’Islande et la Norvège. Les prix étaient plus abordables et le tourisme bien moins développé.

Arrivés là-bas avec ma copine Soizic Belotti, nous avons découvert un endroit incroyablement beau et rempli d’énergie. Les conditions météos étaient rudes, avec un vent fort quasiment constant ainsi qu’un froid saisissant. Nous sommes seuls au monde sur nos itinéraires de randonnées. C’est juste magique. Les iles sont peuplées de 80 000 moutons pour 50 000 humains. Ça vous donne un rapide tableau de la situation.

Durant tout le trip, et malgré les conditions climatiques difficiles, nous hallucinions chaque jour de la beauté de cet endroit. Si bien que je ne pouvais pas m’enlever de la tête l’idée de venir y skier un jour. En me renseignant un peu, ce n’est clairement pas une activité pratiquée, ni même en randonnée. Quand la neige tombe, elle est rapidement balayée par le vent et ne tient pas au sol. Mais selon un fermier local, il arrive parfois qu’elle tienne quelques jours. C’est exactement ça que je voulais entendre. « Chérie, on repart dans 3 mois ».


Xabi
Xabi

Nous repartons donc fin Janvier pour un nouveau trip de 11 jours. Nous embarquons les skis en gardant en tête que potentiellement, il se peut qu’il n’y ait pas de ski. Nous partons dans l’optique d’explorer de nouvelles randonnées et de nouveaux paysages en prenant les skibags et en espérant avoir la chance de trouver quelques faces à grimper pour glisser.

Ça y est, nous y sommes, nous prenons nos bagages et nous allons explorer tout ça. Mais il manque un truc là ? Oui, nos skibags ont visiblement voulu se faire la mâle (celle-là est cadeau). C’est au bout de 5 jours que nous récupérons enfin les skis.

Pour la petite histoire, nous étions logés à 1h30 de l’aéroport. Ils n’avaient tellement pas l’habitude de traiter ce genre de bagages qu’ils ont livré les skis à la capitale, Torshvan à 1h de là où nous étions, Klaksvik. Ils nous expliquaient que les skis ne passaient pas dans leurs voitures et que le bus ne pouvait pas les prendre. C’est finalement un taxi qui est venu nous livrer le matos dans un endroit perdu au bord de l’océan à 30 min de notre logement. Irréel.

Mine de rien, nous avons quand même perdu quelques jours ou il était possible de faire quelques virages. Car oui, nous avions un peu de neige sur les sommets (le plus haut sommet culmine à 880m). On ne va pas vendre trop de rêve non plus, c’était quand même loin d’être des conditions idéales niveau neige, même pour un Pyrénéen. Il faut se rendre à l’évidence, il sera difficile de skier pendant notre trip. Nous sommes loin de certaines conditions que j’ai pu voir sur certaines photos des années précédentes.

Malgré tout, le septième jour, après avoir fait notre petite randonnée journalière, nous décidons d’explorer les environs en montant vers un col de montagne avec la voiture. On sait que le ski sera compliqué, on décide alors de ne pas trop s’embêter, si l’on trouve de la neige, on glissera. Nous arrivons sur place, le spot est trouvé : notre route.


Xabi

 

Deux jours après, et quelques heures de précipitons plus tard, je gardais en tête ces paysages et notamment un flanc de montagne non loin du col, qui me semblait bien orienté pour avoir pris suffisamment de neige. Nous revenons alors dans le secteur et je pars cette fois seul faire une rapide montée en peaux.

Bon, je vais rester infirmier, parce que niveau prévision ce n’est pas encore ça. Il n’a quasiment pas neigé mais « ça passe ». Un peu de slalom entre les rochers et les moumoutes de terres et ça fera l’affaire. C’est reparti pour un petit moment de glisse seul au milieu l’Atlantique. La sensation est inexplicable. Je n’ose pas imaginer si les faces que j’avais repérées avaient eu suffisamment de neige… Une chose est sûre, je reviendrai y skier.

Je me suis lancé dans un projet photo important sur le thème des Iles Féroé qui devait s’étaler sur un an. Nous avions prévu d’y repartir une troisième fois fin Mai. Ne sachant pas quand les choses rentreront dans l’ordre, nous devrons attendre un peu avant de pouvoir à nouveau profiter de ces merveilleux paysages.

Merci à Rossignol pour continuer de mettre en lumière les athlètes, ambassadeurs et tous les amoureux de ski et de neige. Et l’hiver prochain il n’y aura pas d’excuse du type « mais demain j’ai la flemme de monter ».

Portez-vous bien, prenez soin de vous et de vos proches et on se retrouve tous l’hiver prochain pour la chose qu’on aime le plus au monde : skier ! »